Articles

Des volontaires étrangers hispanophones et d’expression portugaise

Le réseau de volontaires hispanophones ou d’expression portugaise pour immigrés séropositifs a été réactivé. Ce réseau se consacre à représenter ce groupe.

Buddysupport Positivo

Le réseau de volontaires a été créé début 2009. Ils sont cinq à s'occuper du réseau. Les personnes à la recherche de volontaires immigrés peuvent consulter le site Internet de l'association. Il y a aussi des dépliants dans les hôpitaux ou encore le bouche à bouche. Un mardi soir, j'ai parlé avec Genoveva Silva, la responsable du réseau de volontaires. Genoveva a beaucoup d'expérience dans le domaine de la représentation des immigrés. Nous n’avions pas beaucoup de temps, mais Genoveva ne cesse de souligner l'importance du réseau de volontaires.

« Les volontaires immigrés se consacrent aux problèmes des immigrés hispanophones ou d’expression portugaise séropositifs vivant Pays-Bas. Ils les défendent et les aident à résoudre leurs problèmes, qui sont souvent liés à leur demande d'asile et à des questions de santé. Quand il s'agit de questions médicales, nous tâchons de les renvoyer au collaborateur attitré au sein ou en dehors de la HIV Vereniging.

Un brin d’histoire
Notre initiative a une certaine histoire. Il y avait, au sein de l'association, un groupement d’intérêts appelé SídaVida. Ce groupement ayant quitté la HVN (Hiv Vereniging Nederland), le groupe cible ne pouvait plus être touché. Les gens ont commencé à se demander où ils pourraient s’adresser pour demander de  l'aide. Nous avons pensé qu'il serait bon de fonder un nouveau groupe pour venir en aide au même public. Les anciens responsables nous ont beaucoup appris. Leur aide et leurs conseils ont été précieux. C'est pourquoi, nous avons opté pour une structure similaire. C’était une période très mouvementée. Les gens avaient l'habitude de passer à toute heure du jour et de la nuit, sans rendez-vous, avec d'énormes problèmes qui avaient souvent un rapport avec différents aspects de la vie (problèmes sociaux, psycho-sociaux et médicaux). Les volontaires du groupe se sont souvent sentis mis sous pression. Nous avons alors décidé d’aborder les choses d'une façon plus structurée. Ainsi, l'aide des volontaires a pu être soutenue d'une manière plus réaliste.

Une structure professionnelle
Les volontaires ont suivi un cours spécialisé chez Schorer. Ils tiennent compte des expériences acquises sur ce qui peut ou doit se faire. Maintenant, le groupe suit des directives claires, qui sont également communiquées directement aux clients. Les volontaires doivent signer l'accord de volontaire avec la Hiv Vereniging et observer cet accord. Parfois, il y a des exceptions. Mais nous voulons observer ces directives à la lettre aussi longtemps et aussi soigneusement que possible. Pas question de prêter de l'argent aux clients ou de leur rendre visite. Le but est de fixer des règles et des horaires durant lesquels les clients peuvent faire appel aux volontaires. Un cadre comme celui-ci peut sembler difficile et un peu 'dur', mais les volontaires ont beaucoup souffert dans le passé en ouvrant leurs portes et leurs cœurs à des clients qui en ont profité. La seule façon d'éviter cela, c’est en fixant des règles avant.

Toutes sortes de problèmes
Nos clients vivent avec le VIH. Ce sont des immigrés et des demandeurs d'asile qui ont toute une série de questions et de problèmes. Ils ont besoin d'aide dans presque tous les aspects de leur vie. Ce sont souvent des gens qui se sont sentis très perdus lorsque SídaVida avait cessé ses activités. Ils avaiet nulle part où aller pour demander conseil au sujet de leurs problèmes. Prenons les transsexuels Équatoriens qui vivent ici une période plus difficile que dans leur pays d'origine. Là, ils sont chassés comme des animaux et parfois même assassinés, ou ils subissent des mutilations génitales. Ils sont enfermés par la police, qui les viole et les bat. Ils fuient leur pays et  finissent par se retrouver aux Pays-Bas, par exemple. Rien que pour cette raison déjà, purement humanitaire d’ailleurs, ils devraient obtenir l'asile politique. Cependant en Équateur, beaucoup d’entre eux finissent dans la prostitution. Ils sont souvent d'origine modeste. Ils n'ont pas acquis les attitudes sociales nécessaires et ne savent ni lire ni écrire. Et généralement, ils ne connaissent personne ici, ils n'ont pas de documents et sont donc des 'sans papiers'. Aux Pays-Bas, ils risquent  d'être renvoyés chez eux. Et comme ils sont sans papiers, ils ne peuvent même pas travailler dans les bordels. Ils finissent donc par se prostituer dans la rue. Un grand nombre d'entre eux ont été contaminés aux Pays-Bas par le VIH en se prostituant. Parfois, ils tombent malades et apprennent ainsi qu'ils sont séropositifs. Ils sont souvent considérés comme des profiteurs de notre système de santé, alors qu’ils ne le sont vraiment pas!

Un manque de sécurité et d'aide
Il est évident qu’un grand nombre de sans papiers veulent mener une vie sociale normale. Mais dans leur situation, c'est souvent impossible. Généralement,  ils n'ont pas de domicile ou d'adresse fixe ; et pas d'emploi stable non plus. Quand on est dans l’illégalité, il est souvent difficile d'avoir et de maintenir un style de vie régulier. Mais notre clientèle est plus vaste. Nous voyons aussi bien des hommes et des femmes hétérosexuels que des hommes homosexuels. Prenez cette femme avec trois enfants vivant au Pays-Bas ; l’un des enfants l'a accompagnée (les autres sont nés ici). Plus d'une fois, cette femme était à l’article de la mort, non seulement à cause du sida, mais aussi à cause de lymphomes. Par grande chance, elle a survécu, alors que les médecins l'avaient déjà condamnée. Elle est toujours célibataire. Ses besoins se concentrent sur l'accompagnement à l'hôpital et aux autres organismes gouvernementaux. Elle baragouine le néerlandais. Elle a vraiment besoin de quelqu’un qui l’aide dans ce genre de situations ; quelqu'un qui est là avec elle. Parfois, elle a dû attendre sept heures à l'hôpital sans pouvoir parler à qui que se soit. Nous pouvons proposer ce genre de soutien : un contact humain, une chaleur et peut-être un peu d'amour et d'affection. D'autres clients sont des hommes hétérosexuels qui ont surtout besoin d'aide pour trouver un avocat. Nous tâchons également de diriger ces personnes vers les autorités compétentes. Ainsi, s’ils ont besoin d'une aide financière, on les envoie à l'assistance sociale de l'église ou à l’Aids Fonds (Fonds de lutte contre le sida). Parfois, nous intervenons comme interprète puisque leur néerlandais est souvent lamentable.

Être à l’écoute de l’autre
Certaines gens ne demandent qu’à parler à quelqu'un. Ils ont des problèmes psycho-sociaux et veulent pouvoir raconter leur histoire de temps à autre. Parfois, vous passez des heures au téléphone avec eux. Nous aimerions stimuler davantage encore le contact entre ces personnes. Par exemple, en organisant des réunions, afin qu’elles puissent échanger des expériences et parler ouvertement de leur séropositivité et d’autres problèmes dans un environnement sécurisé. Cependant, pour plusieurs de nos clients il reste toujours une barrière. Il règne, au sein de nos communautés d'immigrés, un sérieux tabou quant il s'agit du VIH. Nos clients sont également stigmatisés au sein de leurs propres communauté d'immigrés.

Des besoins humanitaires
Nos immigrés se trouvent souvent dans des situations difficiles en raison de leurs vies agitées. Ils n'ont souvent pas de domicile fixe, manquent de nourriture, sont sans papiers, sans revenu régulier et sans assurance maladie. Cependant, la plupart d'entre eux ont accès aux antirétroviraux. Mais cela aussi devient de plus en plus difficile. Dans le monde actuel, vous devez de plus en plus souvent vous identifier, où que vous soyez. Presque chaque hôpital vous demande de signer d'abord des accords au sujet du paiement et de l’acompte. Ceci a pour conséquence que ces personnes éprouvent d’énormes difficultés à rester fidèles à leur thérapie. C’est une honte ! Parfois, ils ne reçoivent pas leurs médicaments  temps, même si ces médicaments sont disponibles dans les PlusApotheken. Mais le plus souvent, ce sont les circonstances - le malaise qu'ils vivent - qui sont à l'origine de l’insécurité et du manque d'ordre dans leurs vies et qui expliquent le manque de fidélité thérapeutique.

La stigmatisation: lé grand problème
Nous travaillons toujours à notre réseau de volontaires. Actuellement,  nous avons environ 10 à 15 clients réguliers. Certains d’entre eux vivent en dehors d'Amsterdam. Ou ils ne peuvent nous rendre visite. Ce sont nos clients téléphoniques. Ils ont quelquefois peur d'être reconnus par leurs compatriotes. La stigmatisation du VIH est très forte au sein de ces communautés. Il arrive qu’une personne ne se rende à une autre hôpital de crainte d'être vue par quelqu'un d'autre en visite à l'hôpital. La stigmatisation des séropositifs constitue un réel problème, à tel point que, même s'ils vivent dans une grande ville, ils font 50 kilomètres jusqu'à une autre grande ville pour se rendre à l’hôpital de peur d'être reconnus. Un certain nombre de personnes du groupe SídaVida font également partie de notre clientèle. Lorsqu'ils ont besoin d'aide, ils savent où nous trouver. Depuis quelque temps, quelques-uns d'entre eux ont obtenu un permis de séjour et pu trouver un domicilie fixe. Mais c'est vraiment une minorité. Le groupe qui nous inquiète le plus sont les sans papiers. La vie dans l'insécurité, ne pas savoir ce que vous réserve le lendemain. Ils vivent constamment dans la crainte d'être arrêtés par la police, d'être suspectés de quelque chose d’absurde. Selon la police, ils sont toujours 'suspects'. Ils ne peuvent par conséquent pas s'établir définitivement et  n'ont pas le droit de travailler (puisqu'ils sont sans papiers). Quelquefois, on leur permet, par l'intermédiaire du travail social de l'église, de suivre des cours de néerlandais. Mais il y a encore beaucoup de travail sur la planche avant que les Pays-Bas ne puissent être considérés comme un pays favorable à l'immigration.

Une représentation critique
Nous tâchons également de rester critiques vis-à-vis de la politique du gouvernement. Nous collaborons avec PAMA (Positive Africans Mutual Aid Association), un groupe d'immigrés africains, l'assistance sociale de l'église et Inga Mielitz de ShivA. Nous pouvons compter sur l’aide de l’équipe de collaborateurs, de volontaires et la grande diversité de la Hiv Vereniging. Là, nous discutons régulièrement des activités organisées par la Hiv Vereniging et de la façon dont nous pouvons inciter nos clients à y participer. Nous avons également des contacts avec l’Aids Fonds. Nous participons en outre à la PICUM (Platform for International Cooperation on Undocumented Migrants - la Plateforme pour la Coopération Internationale sur les Immigrés Sans Papiers), une organisation qui représente les sans papiers. PICUM édite un bulletin d'information intéressant sur les modifications et les possibilités concernant la règlementation en matière d'asile en Europe.

Interculturalité
Nous estimons qu'il est important que les immigrés et les Néerlandais collaborent afin d'améliorer le processus interculturel. Mais ceci est plus facile à dire qu'à faire. Nous essayons toujours de trouver des façons de communiquer dans un esprit de respect et d'acceptation. Les cultures s'affrontent souvent. Les gens regardent le monde avec leurs propres yeux. Nos immigrés n'ont pas une  vision typiquement hollandaises des choses… en fait, ils regardent tout avec les yeux d'étrangers déracinés. Il y a souvent une distance quand il s'agit de communiquer. Ceci est en partie dû aux barrières linguistiques et parfois aux origines différentes. Quelquefois, c’est source de conflits, bien qu’on parvient généralement à arranger les choses (les différences ne sont pas irréconciliables). Le secteur non marchand a d’urgence besoin d’une approche professionnelle, sans pour autant devenir trop ‘business’ ! Nous avons déjà un volontaire néerlandais, mais pourrions bien utiliser les services de quelques volontaires en plus! A condition qu’ils parlent aussi l’espagnol et/ou le portugais et qu’ils aient une affinité avec notre groupe cible. »  Actuellement, le groupe est accessible par le `Servicepunt', 020-6892577, ou buddyzorgpositivo@hivnet.org.

Contact

Hiv Vereniging Nederland

Eerste Helmersstraat 17

1054 CX AMSTERDAM

020 6 160 160

servicepunt@hivnet.org
>> directions

 

Servicepunt

020 689 25 77
servicepunt@hivnet.org


For questions about living with HIV. Available monday, tuesday and thursday from 2 PM till 10 PM

>> read more

Membership

Support the association and become a member
>> contact Servicepunt