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La charge virale et le sexe (non)protégé

Informations à l’attention des professionnels

Dans la présente fiche d’information, les organisations ci-dessus brossent un tableau de la situation actuelle (mai 2011) quant au rapport entre la charge virale VIH, la thérapie combinée et le risque de transmission du VIH lors de contacts sexuels (non) protégés. Les professionnels appelés à aider les personnes atteintes du VIH et/ou leurs partenaires pourront utiliser ces informations pour donner des conseils appropriés à leurs clients afin qu’ils puissent faire des choix en toute connaissance de cause.

Motif
En 2008, la Commission suisse pour les problèmes liés au sida ont annoncé que les séropositifs dont la charge virale est indécelable depuis six mois ou plus, qui suivent à la lettre le traitement antirétroviral et qui n’ont pas d’autre I.S.T., ne sont sexuellement pratiquement plus infectieuses. Selon la commission, cela signifie que les partenaires d’un couple sérodifférent (un partenaire séropositif, l’autre pas) peuvent envisager de ne pas (plus) utiliser de préservatifs. Les personnes ayant des rapports changeants devraient cependant continuer à pratiquer le safe-sex.
L’annonce a suscité partout dans le monde un débat animé parmi les personnes séropositives et séronégatives, les médecins, infirmiers et consultants VIH. La majorité des experts s’accorde cependant à dire que les examens récents ont démontré qu’un usage correct d’antirétroviraux réduit la charge virale et donc le risque de transmission du VIH. N’empêche qu’il n’y a toujours pas de consensus quant aux suites de ces résultats scientifiques dans la pratique ni à la manière dont ces informations doivent être transmises au public. 
Les organisations ci-dessous estiment qu’il est important de donner des informations précises aux intéressés. Les dernières constatations (mai 2011) seront donc claires pour tout le monde. Elles permettent en outre de lancer un message positif (et rassurant) à toutes les personnes atteintes du VIH et leurs partenaires, à savoir qu’elles risquent nettement moins de transmettre le VIH à leur partenaire fixe tant qu’elles remplissent les conditions de la présente fiche d’information. Ces informations permettront aussi de lutter contre la stigmatisation des personnes atteintes du VIH.

Les informations
De manière générale, il est recommandé de continuer à utiliser des préservatifs.
Les séropositifs qui appliquent à la lettre le traitement antirétroviral réduisent certes leur charge virale. Et la réduction de la charge virale diminue le risque de transmission du VIH lors de contacts sexuels. En cas de traitement réussi de l’infection VIH, le risque que la personne atteinte du VIH transmette l’infection du VIH lors de rapports sexuels non protégés est petit (voire minime) tant que cette personne remplit les conditions spécifiques suivantes:

  • un traitement réussi : la personne séropositive a depuis au moins six mois une charge virale indétectable (moins de 50 copies par ml de sang) ; la dernière analyse ne peut pas remonter à plus de six mois ; il/elle applique à la lettre la thérapie et se rend régulièrement au contrôle.

  • les conditions spécifiques : la personne séropositive et son/sa partenaire fixe séronégatif (ve) ne présentent pas de lésions aux muqueuses (anus, pénis ou vagin) à la suite de, par exemple, une I.S.T. récente ou des rapports sexuels violents. Les deux partenaires doivent en outre éviter tout risque de contamination d’I.S.T. après le dernier contrôle I.S.T.

Il est quelquefois difficile de savoir si quelqu’un remplit les conditions spécifiques et répond au critère du « traitement réussi ». La constatation doit être faite lors d’une consultation médicale ou chez le conseiller VIH du partenaire séropositif. Comme c’est le/la partenaire non atteint(e) du VIH qui court un risque, il est essentiel qu’il/elle soit présent(e) à cette consultation.

Le risque qu’un couple sérodifférent monogame remplissant les conditions précitées et décidant, de concert avec le médecin VIH, de ne plus utiliser de préservatifs, transmette le VIH est petit (voir minime). Signalons toutefois:

  • que les partenaires courent toujours un léger (minime) risque d’infection VIH ; en effet

    • des examens ont démontré que la personne dont la charge virale dans le sang n’est pas détectable, a néanmoins une charge virale détectable dans le sperme, les sécrétions vaginales et anales.

    • les lésions des muqueuses sont quelquefois difficiles à détecter. On ne peut jamais exclure l’existence de telles lésions. Le risque de lésions peut être réduit en se montrant vigilant lors de rapports sexuels plus violents, tels le fist-fucking et la pénétration anale ou vaginale forcée.

    • il se peut que la charge virale ait augmenté depuis le dernier contrôle, même si ce risque est minime dans certaines conditions spécifiques.

  • Dans les conditions précitées, le risque de transmission du VIH à la suite d’un contact anal est probablement également minime, bien que plus élevé qu’en cas de contacts vaginaux. Cette constatation est basée sur des suppositions et non pas sur les résultats d’examens. Les connaissances relatives aux risques de transmission sont surtout basées sur les examens effectués auprès de couples hétérosexuels.

  • A ce jour (mai 2011), il n’est fait état dans la littérature que d’un seul cas de transmission possible malgré le respect des conditions spécifiques précitées (sexe anal). Plusieurs cas de transmission du VIH pendant une thérapie combinée ont cependant été décrits, mais chaque fois, le partenaire atteint du VIH ne remplissait pas les conditions spécifiques ou alors, on ignorait s’il s’y conformait ou non.

  • Le risque de transmission demeure petit (voire minime) tant que le risque d’I.S.T. est exclu. Ceci n’est possible que si les deux partenaires se gardent d’avoir des rapports sexuels, même protégés, avec d’autres personnes. Il est dans certains cas difficile de déterminer si une personne a couru ou court encore un risque de contracter une I.S.T. Un contrôle I.S.T. ne donne en effet qu’une image de l’état de santé à un moment donné.

  • C’est au couple qu’il appartient de décider de ne pas utiliser de préservatifs et de supporter les conséquences d’un éventuel risque résiduel (minime). Le partenaire qui n’est pas atteint du VIH doit se rendre pleinement compte des conséquences éventuelles de sa décision et décider lui-même.

Autres considérations pertinentes

  • En cas d’exposition au VIH à cause, par exemple, d’un préservatif déchiré, un traitement prophylactique post exposition (PEP) peut être envisagé lorsque la personne atteinte du VIH remplit les conditions précitées (en Suisse, on ne prescrit en principe plus de PEP lorsque la charge virale est inférieure à 50 copies par millilitre dans le sang).

  • Les couples sérodifférents désirant avoir un enfant peuvent renoncer à toute aide spécialisée, telle l’insémination après un lavage de sperme, et se voir conseiller d’avoir des rapports sexuels non protégés pour faire des enfants.

  • Selon les nouvelles directives, un traitement contre le VIH n’est entamé qu’à partir du moment où on mesure moins que 350 cellules CD par mm³. Pour réduire le risque de transmission du VIH, on peut envisager d’entamer le traitement plus tôt, plus particulièrement dans le cas d’une relation stable sérodifférente. A plus long terme, un tel choix peut nuire à la santé de la personne atteinte du VIH, par exemple parce qu’il n’a plus d’autres options en matière de traitement, qu’il souffre d’effets indésirables et qu’il risque la comorbidité. La décision doit donc être prise librement par toutes les personnes concernées, en concertation avec la personne chargée du traitement.

Il est essentiel que les personnes atteintes du VIH et leur partenaire fixe désirant avoir des rapports non protégés s’informent ensemble des risques éventuels de transmission et demandent conseil à un médecin et/ou infirmier (ère) VIH.

Il est important que les présentes informations soient correctement diffusées et suivies. Le risque est certes réel que les personnes négligent d’utiliser un préservatif ou de respecter à la lettre les conditions, ce qui entraînerait  finalement une augmentation du nombre d’infections.

Le contenu de ce texte a été approuvé par:
L’Aids Fonds, la Hiv Vereniging Nederland, Schorer, Soa Aids Nederland

 

 

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