La peau et le VIH

Notre peau forme une barrière avec le monde extérieur. Une barrière que nous aimons montrer aussi saine que possible. Une vilaine peau est souvent source d’anxiété et d'embarras. Les personnes atteintes du VIH courent plus de risques d'avoir des problèmes de peau. Près de 90 % des séropositifs auront des problèmes de peau provoqués par le VIH lui-même, par d'autres infections, ou par les médicaments qu'ils doivent prendre. Dans cet article, nous traiterons des problèmes de peau les plus importants.

L’une des fonctions de la peau est d'assurer que les intrus non-désirés ne pénètrent pas dans le corps. Dans les couches supérieures de la peau (l'épiderme), les cellules forment une barrière fermée parce qu'elles sont étroitement reliées entre elles. L'épiderme protège également le corps du dessèchement. Les couches sous-cutanées contiennent beaucoup de cellules qui peuvent activer le système immunitaire quand des bactéries, des virus ou autres agents pathogènes traversent la barrière de peau. Lors d'une infection VIH, le système immunitaire s'affaiblit et la peau présentera de plus en plus de sérieux symptômes d'infection.

L’eczéma séborrhéique
La maladie de la peau la plus commune parmi les séropositifs est l'eczéma séborrhéique. Cette affection rend la peau rouge, écaillée et très irritée. L'eczéma séborrhéique se présente principalement sur le visage (entre les sourcils, à côté du nez et dans la zone où pousse la barbe), sur une tête chevelue et sur une poitrine velue. L'eczéma séborrhéique est également très fréquent parmi les personnes non porteuses du VIH, mais plus encore parmi les séropositifs chez qui il est difficile à traiter. Nous ignorons encore comment se développe ce type d'eczéma. Il s'agit probablement d'une infection superficielle provoquée par une certaine levure. Cette levure peut être détruite par des pommades contenant du kétoconazole, mais les comprimés sont quelquefois plus efficaces.

Le prurit
Les séropositifs se plaignent souvent de démangeaisons. Le prurit a beaucoup de causes : peau sèche, eczéma séborrhéique, maladies allergiques ou une insuffisance rénale ou du foie.

Il est très important de faire en sorte que la peau ne se dessèche pas. Ceci ne résoudra pas la cause des démangeaisons, mais atténuera les problèmes. Une peau sèche est plus sensible aux démangeaisons qu'une peau bien nourrie. Vous pouvez prévenir le dessèchement de votre peau en prenant moins de douches, en utilisant de l'eau plus fraîche et moins de savon ; et en appliquant une lotion après la douche. Quant au dernier conseil, vous pouvez utiliser un lait corporel, mais un onguent contenant de la vaseline à raison de 10 à 20% est préférable. Ces onguents sont disponibles chez votre pharmacien. Si ces moyens ne donnent pas satisfaction, nous vous conseillons d’aller voir un médecin pour demander si la démangeaison est traitable. Dans beaucoup de cas, ce n'est pas possible et les démangeaisons devront être traitées avec des médicaments comme la cetirizine, qui sont également employés pour le traitement des allergies.

Le psoriasis
Le psoriasis (une autre maladie qui rend la peau écaillée) ne se produit pas plus parmi les séropositifs, mais il progresse plus vite. En outre, les séropositifs souffrant du psoriasis ont souvent de l'arthrite.

Les infections
Un grand nombre de maladies infectieuses coexistent avec des maladies de la peau. Parfois, les symptômes sont typiques pour une infection spécifique, comme la varicelle ou la rougeole. Souvent, les symptômes sont moins spécifiques et la maladie est décrite comme éruption ou exanthème. Chez certains séropositifs, la maladie infectieuse ne présente pas ces symptômes caractéristiques de la peau (comme c’est le cas des personnes qui ne sont pas porteuses du VIH). Ceci rend le diagnostic d'une maladie infectieuse plus difficile, voire le retarder.

Le VIH proprement dit peut causer pendant une courte durée des problèmes épidermiques, en particulier juste après la contamination. Peu après une contamination VIH, certaines personnes voient apparaître, en plus des symptômes de la grippe, des taches et des bosses rouges (parfois à bord écaillée). Normalement, cette éruption apparaît sur le torse, mais elle peut également se manifester sur les bras et les jambes. Vu que différentes infections virales peuvent causer des éruptions, le symptôme d'une éventuelle infection par le VIH n'est souvent pas reconnu. Les problèmes de la peau disparaissent souvent au bout de quelques semaines.

Quand le système immunitaire est en cause, les infections de la peau provoquées par des virus, des bactéries ou d'autres agents pathogènes peuvent se manifester plus souvent et s’avérer plus sévères. Heureusement que depuis l'introduction de la thérapie combinée, un système immunitaire affaibli est moins fréquent. Par conséquent, les infections sérieuses de la peau sont devenues beaucoup plus rares ces dernières années.

L’herpès
Ils sont nombreux à contracter au cours de leur vie le virus de l'herpès simplex (HSV). Après les premiers signes d'infection, ce virus reste dans le corps et peut être réactivé lorsque l'immunité est en baisse et se présenter sous forme de vésicules douloureuses (cloches) et d'ulcères sur les lèvres (boutons de fièvre), autour du vagin ou de l'anus (herpès génital). Tant que ces vésicules sont présentes, la personne est contagieuse et peut transmettre le HSV à d'autres. Tant que le système immunitaire est bon, les séropositifs ne souffrent pas plus fréquemment ou plus sévèrement d'herpès que d’autres. Lorsque le système immunitaire est sérieusement affaibli (le taux CD4 chute à moins de 100), une réactivation de l'infection peut être plus grave et plus persistante. Avec l'aide d'Aciclovir, de Valaciclovir ou de Famciclovir, les symptômes dermatologiques d'une infection d'herpès peuvent être contrôlés ou écourtés. Mais on ne peut jamais éliminer définitivement le virus du corps. Quoi qu’il en soit, il convient de commencer le traitement aussi rapidement que possible dès l’apparition des premiers symptômes.

Le zona
Le zona est également provoqué par un virus de l'herpès. La plupart des personnes contractent ce virus pendant l'enfance. Le premier contact avec le virus provoque la varicelle. Mais le virus reste dans le corps. Quand le système immunitaire est (temporairement) affaibli, le virus provoquera encore des vésicules sur la peau (souvent limitée au secteur d'un nerf cutané). Un tel secteur n'a habituellement que quelques centimètres de diamètre. Au niveau du torse, ces taches continuent parfois jusqu'au ventre. Plus le système immunitaire s'affaiblit, plus le zona apparaîtra en zones plus importantes.

Le molluscum contagiosum (verrues d'eau)
Les molluscum contagiosum ou les verrues d'eau sont de grosses verrues rondes, présentant une petite dépression au milieu. Elles se manifestent souvent chez les enfants et sont difficiles à traiter parce que fort contagieuses. L'infection diminue habituellement par elle-même. Lorsque le système immunitaire est affaibli, le molluscum contagiosum est plus fréquent. Dans ce cas, les verrues sont souvent plus grandes et reviennent plus vite après un traitement local (en employant par exemple de l'azote liquide).

Le sarcome de Kaposi
Le sarcome de Kaposi (KS) est un type de cancer des vaisseaux sanguins qui apparaît sous forme de taches rouges, brunâtres ou violacées de la peau. Il est provoqué par un virus de l’herpès (HHV-8) et se développe habituellement quand le système immunitaire est affaibli. C'est pourquoi, il se produit moins maintenant qu'il y a 15 ans. Le sarcome de Kaposi se présente principalement chez les hommes séropositifs ayant des rapports homosexuels non protégés. Beaucoup de gens pensent qu'il est transmis sexuellement, mais le mode de contagion demeure un mystère. Le développement du sarcome de Kaposi est variable : certaines taches disparaissent spontanément, d'autres continuent à se développer lentement. Puisqu'il s'agit d'une maladie maligne, il est sage de contacter un dermatologue quand on croit être atteint du sarcome de Kaposi. Différents genres de traitement (locaux) sont disponibles. Ce qu'on fait de préférence dépend de l'ampleur et de la localisation des taches. Le dermatologue et le spécialiste du VIH sont les mieux placés à ce sujet.

Les anomalies de la peau provoquées par les médicaments
Pratiquement tous les médicaments peuvent causer des anomalies de la peau. Parfois, elles sont dues à une réaction allergique. Les séropositifs sont plus souvent sujet à développer une réaction allergique aux médicaments, probablement parce le VIH stimule sans interruption le système immunitaire. Ces réactions allergiques se manifestent de plusieurs manières.

Des éruptions
Des taches rosâtres-rouges jusqu'aux bosses rouges/violacées sur le torse, le haut des bras et le haut des jambes sont les réactions allergiques communes aux médicaments, particulièrement avec les antibiotiques et les inhibiteurs VIH. Les éruptions commencent habituellement deux à dix semaines après la première prise du nouveau médicament et peuvent causer de fortes démangeaisons. Quand on arrête la prise du médicament, il faut compter une à deux semaines avant que la peau ne se rétablisse complètement. Pendant le processus de guérison, la peau peut parfois ‘peler’. Les médecins parlent parfois d'une 'éruption maculopapuleuse'. Elle se manifeste principalement lors de l'utilisation de l'amoxicilline, le cotrimoxazole, le nevirapine et le tipranavir. Mais elle peut être provoquée par n'importe quel médicament. Les symptômes peuvent disparaître après l'arrêt du médicament, mais ils peuvent revenir plus vite et/ou plus vigoureusement lorsqu'on reprend le médicament.

L’urticaire
L'urticaire (urticaria) provoque de petites ou grandes bosses rosâtres-rouges très démangeantes avec généralement un centre plus pâle. Cela ressemble aux boutons qui apparaissent après contact avec les orties. L'urticaire peut se produire sur le corps entier et peut disparaître au bout de quelques heures pour réapparaître plus tard sur une tout autre partie du corps.

Beaucoup de gens attrapent l'urticaire sans savoir pourquoi. L'urticaire peut cependant également être un symptôme d'une réaction allergique. Cette réaction allergique peut se propager aux tubes bronchiques (avec comme résultat une contraction des voies respiratoires en combinaison avec une respiration grinçante) ou au système circulatoire (ayant pour résultat des palpitations du cœur et finalement l'inconscience et le choc). Quand l'urticaire se produit peu de temps après avoir commencé un nouveau médicament, il est possible qu’elle soit le résultat d'une réaction allergique. Dans ce cas, le médicament doit être remplacé après concertation avec le médecin prescripteur. L'urticaire devrait dans ce cas disparaître en quelques heures ou quelques jours. Un médicament anti-démangeaisons (comme un antihistaminique) peut hâter la guérison. L'urticaire n'est pas aussi fréquente avec l'utilisation d'inhibiteurs VIH qu’avec autres médicaments,  exception faite pour le FTC (emtricitabine), qui semble au contraire provoquer plus souvent l'urticaire.

Les ampoules
Les ampoules qui se produisent quelques semaines après la prise d’un nouveau médicament peuvent être le premier symptôme d'une réaction allergique rare. Les antibiotiques, les remèdes contre l'épilepsie ou le nevirapine peuvent être la cause de cette réaction grave. Elle commence souvent par des taches rouges sur lesquelles la peau peut facilement être détachée de la couche inférieure. Les taches comme celles-ci (parfois des ampoules) peuvent également se produire sur les muqueuses de la bouche, de la gorge, des yeux, de l'anus et du vagin. Avant que ces anomalies de la peau ne se produisent, les patients souffrent souvent de fièvre, ne se sentent pas bien, ont des maux de tête, des nausées et des douleurs musculaires et/ou articulaires. Cette réaction, également connue sous le nom de syndrome de Steven-Johnson (SJS), peut finalement avoir pour conséquence que la peau va se détacher sur de grands secteurs. Les plaies ouvertes qui en résultent peuvent facilement s'infecter. Une maladie plus sérieuse, la NET (necrolyse épidermique toxique), provoque parfois l'épluchement total de la peau. Les patients présentant l’une de ces réactions allergiques extrêmes, doivent habituellement être traités dans un centre pour brûlés en raison de l'étendue des secteurs de la peau endommagés.

Quand on suspecte une telle réaction, le médicament récemment commencé et tous les médicaments inutiles doivent être arrêtés immédiatement. Heureusement, ce type de réaction est plutôt rare, moins de sept personnes sur un million en sont victime.

Conclusion
Heureusement, les maladies de la peau provoquées par un système immunitaire fortement attaqué ne se produisent plus autant qu’avant. Mais cela ne signifie pas que les problèmes appartiennent définitivement au passé. Les maladies de la peau telles que l'eczéma séborrhéique se produisent davantage parmi les personnes séropositives, indépendamment du fonctionnement de leur système immunitaire. En outre, un séropositif risque davantage de développer une réaction allergique à un antibiotique ou à un inhibiteur VIH qu’une personne sans VIH. En cas de doute, demandez l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue.

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